Myélite transverse : causes, symptômes et traitement

Myélite transverse : causes, symptômes et traitement

La myélite transverse est une inflammation de la moelle épinière sur toute sa largeur qui bloque la transmission des impulsions nerveuses le long de celle-ci. Elle peut se développer chez des personnes qui sont atteintes de certaines maladies, telles que la sclérose en plaques, une neuromyélite optique, la maladie de Lyme ou encore un lupus, ou qui prennent certains médicaments. Les personnes qui en sont atteintes ressentent une douleur dorsale soudaine ainsi qu’une bande de resserrement autour de la zone touchée, parfois suivies de symptômes graves, tels qu’une paralysie. Environ un tiers des personnes touchées se rétablissent, environ un tiers continuent de présenter certains symptômes et environ un tiers ne se rétablissent pas et nécessitent des soins quotidiens. Le traitement peut comprendre la prise d’anti-infectieux, de corticoïdes ou une plasmaphérèse thérapeutique.

Qu’est-ce que la myélite transverse ?

Le terme myélite provient du mot grec myelós qui signifie « moelle » et du suffixe -itequi signifie « inflammation ».

La myélite transverse est une atteinte neurologique rare qui se manifeste par une inflammation de la moelle épinière avec pour conséquences une atteinte motrice, sensitive et sphinctérienne. L’emploi du terme transverse implique que l’affection atteint toute la largeur de la moelle épinière.

La myélite transverse est classée parmi les maladies inflammatoires du système nerveux central. Elle touche aussi bien les enfants que les adultes.

Quelles sont les causes de la myélite transverse ?

Les causes de la myélite transverse sont multiples.

Elle peut se développer chez des personnes qui sont atteintes de certaines maladies, telles que :

  • la sclérose en plaques (cas le plus fréquent) ;
  • une neuromyélite optique qui est un trouble qui peut aussi provoquer des problèmes visuels et se manifester par intermittence ;
  • certaines infections bactériennes telles que la maladie de Lyme, la syphilis ou la tuberculose ;
  • une inflammation des vaisseaux sanguins (vascularite) ;
  • un lupus (lupus érythémateux systémique) ;
  • une méningoencéphalite virale, c’est-à-dire une infection du cerveau et des tissus avoisinants.

La myélite transverse peut aussi survenir après un vaccin ou une infection virale, par les virus suivants :

  • le virus de l’herpès ;
  • le virus responsable du sida (VIH) ;
  • le virus d'Epstein-Barr ;
  • le cytomégalovirus.

Enfin, elle peut être causée également par :

  • un débit sanguin insuffisant dans les vaisseaux de la moelle épinière ;
  • des réactions immunitaires anormales, aussi appelées réactions auto-immunes, qui se produisent lorsque le système immunitaire identifie les tissus de l’organisme comme étrangers et produit des anticorps qui attaquent et endommagent ces tissus, à savoir ici la moelle épinière ;
  • certains médicaments ;
  • une injection intraveineuse d’héroïne ;
  • l’utilisation d’amphétamines.

Quels sont les symptômes de la myélite transverse ?

Les symptômes de la myélite transverses varient selon les zones touchées et peuvent être d’intensité variable selon les personnes. En effet, la gravité de l’atteinte clinique dépend de la localisation de l’inflammation dans la moelle épinière et de la gravité de celle-ci. Les symptômes peuvent par ailleurs apparaître de manière brutale en quelques heures ou de façon progressive sur plusieurs jours.

Les symptômes de la myélite transverse sont de trois types :

  • moteurs, c’est-à-dire une apparition d’une perte de force partielle ou complète des membres ;
  • sensitifs, c’est-à-dire des sensations anormales, un engourdissement ou des douleurs ;
  • vésico-sphinctériens.

Ceux-ci comprennent :

  • une douleur soudaine localisée dans le bas du dos ;
  • une sensation de resserrement comme un élastique autour de la zone du corps touchée telles que le thorax, l’abdomen ou les jambes ;
  • des sensations de brûlure ou des picotements dans les jambes ;
  • un picotement, un engourdissement et une faiblesse musculaire qui se fait ressentir dans les pieds et se propagent vers le haut ;
  • une douleur au niveau de la tête ou du cou ;
  • une faiblesse au niveau des bras et des jambes ;
  • une perte sensorielle dans les jambes ou les bras ;
  • une paralysie des jambes ou des bras et de la partie inférieure du tronc ;
  • des spasmes musculaires ;
  • une douleur importante au moindre contact ;
  • une grande sensibilité aux changements de température ;
  • des difficultés à vider sa vessie, une incapacité à retenir la miction ou des difficultés de contrôle des intestins.

En général, plus la myélite transverse progresse rapidement, plus les chances de guérir sont moindres. Des douleurs graves suggèrent une inflammation importante. L’évolution de la myélite se répartit de la façon suivante :

  • près d’un tiers des personnes récupèrent complètement ;
  • environ un tiers des patients gardent des séquelles telles qu’une certaine faiblesse musculaire, des troubles de la sensibilité, des troubles urinaires, des troubles au niveau de l’intestin et des difficultés à marcher ;
  • environ un tiers des personnes ne se rétablissent que très peu, les paralysies pouvant être définitives. Dans ce cas, les personnes atteintes peuvent rester confinées dans un fauteuil roulant ou au lit, continuer à présenter des problèmes vésicaux ou intestinaux et nécessiter de l’aide pour leurs activités quotidiennes.

Une récidive est également possible, notamment lorsque la maladie à l’origine de la myélite est encore présente.

Comment soigner la myélite transverse?

Les symptômes peuvent rapidement s’aggraver. Aussi un traitement spécifique est le plus souvent nécessaire afin de limiter le risque de séquelle. Celui-ci dépend de sa cause.

Traitement de la cause

Certaines myélites infectieuses vont nécessiter un traitement anti-infectieux spécifique comprenant :

  • des antibiotiques ;
  • des antiviraux ;
  • des antiparasitaires.

En l’absence de cause infectieuse, le traitement repose alors sur une corticothérapie intraveineuse à forte dose, telle que la prednisone, pour diminuer la réaction immunitaire, qui peut être impliquée dans la pathogénie de la myélite transverse.

En l’absence d’efficacité suffisante de la corticothérapie, il peut être proposé une plasmaphérèse thérapeutique, qui consiste à retirer une grande quantité du plasma (la partie liquide du sang) et à transfuser du plasma. Le but est de retirer, du sang, les anticorps qui attaquent et endommagent la moelle épinière.

Rééducation fonctionnelle

Dans un deuxième temps, la rééducation est primordiale afin d’améliorer les symptômes persistants. Différents traitements médicamenteux ou non médicamenteux peuvent être proposés pour améliorer les symptômes tels que la douleur, les troubles urinaires ou du transit, et la fatigue.

Traitement de fond

Enfin, en fonction de la cause identifiée, il peut être proposé un traitement de fond visant à prévenir le risque de nouvelle atteinte neurologique. Celui-ci repose, le plus souvent, sur des immunosuppresseurs.

Valérie Dollé
Rédaction : Valérie Dollé
Journaliste scientifique
19 octobre 2021, à 17h11