Névrite vestibulaire : conséquences et traitements

Vérifié le 18/01/2022 par PasseportSanté
Névrite vestibulaire : conséquences et traitements
La névrite vestibulaire est une inflammation du nerf vestibulaire relié à l’oreille interne. Elle se traduit par une crise impressionnante de vertiges qui peut durer quelques jours. Qu’est-ce que la névrite vestibulaire ? Quelle conduite tenir ? Le point. 


Qu’est-ce que la névrite vestibulaire ?

La névrite vestibulaire désigne l’inflammation du nerf vestibulaire (branche du huitième nerf crânien contrôlant l’équilibre) qui innerve les canaux vestibulaires (l’oreille interne). Cette affection provoque une crise soudaine et sévère de vertiges (impression de mouvements ou de tournis).

Des nausées, des vomissements ainsi qu’un nystagmus (mouvements involontaires rapides des yeux dans une direction, puis retour lent à leur position initiale) sont associés.

Ces symptômes durent entre 3 et 7 jours. La névrite vestibulaire guérit de façon spontanée.

Quelles sont les causes de la névrite vestibulaire ?

La cause de la névrite vestibulaire demeure mystérieuse. On suppose que la maladie est probablement due à un virus à l’origine de l’inflammation du nerf vestibulaire qui cesse son activité. Des examens cliniques et sanguins permettent souvent de confirmer l’étiologie virale. Il est cependant nécessaire d’éliminer l’éventualité d’une cause vasculaire notamment chez les patients qui présentent des facteurs de risque comme une hypertension artérielle.

Quels sont les symptômes de la névrite vestibulaire ?

La névrite vestibulaire se traduit par une crise isolée de vertiges qui dure de 7 à 10 jours. Les vertiges sont sévères au début de la crise puis s’atténuent progressivement sur plusieurs jours.

Cependant, un grand nombre de personnes connaissent des crises de vertiges moins intenses pendant plusieurs semaines même après ce premier épisode. Dans tous les cas, un déséquilibre résiduel peut perdurer plusieurs mois. La première crise est habituellement la plus intense.

Un vertige donne l’impression de corps instable ou qui va perdre l’équilibre. Parfois, c’est le décor, les personnes autour qui semblent bouger, tournoyer ou dont la perception est floue. 

La crise de vertige s’accompagne de

  • Nausées ;
  • vomissements ;
  • nystagmus (mouvements saccadés et rapides des yeux dans une direction en alternance avec un lent retour à la position normale) ;
  • une anxiété.

La maladie peut durer de quelques jours à plusieurs semaines.

Les patients ne souffrent pas d’acouphènes (bourdonnements dans les oreilles) et l’audition n’est généralement pas affectée.

Quelles sont les complications possibles de la névrite vestibulaire ?

Les complications de la maladie sont rares. Cependant, la névrite vestibulaire est susceptible de se chroniciser et de conduire à des vertiges lors de tout mouvement de la tête ou dans certaines positions de la tête. Toutefois, en pratique les récidives sont assez rares.

En outre, il existe un risque de chute ou d’accident lié aux vertiges. Il est recommandé de rester en position assise ou allongée ou de se faire aider pour se déplacer pendant la crise.

Diagnostic

En cas de crises de vertiges, il est recommandé de s’assoir ou de s’allonger en position latérale de sécurité. Il convient d’alerter votre entourage et de consulter rapidement un médecin.

L’examen clinique met en général le médecin sur la piste du diagnostic de névrite vestibulaire, surtout si le patient souffre d’une affection virale concomitante. Des tests positionnels, auditifs, pour le nystagmus et des épreuves vestibulaires caloriques (qui consistent à introduire de l’eau à différentes températures dans les oreilles) orientent davantage le diagnostic.

Une IRM de la tête peut être réalisée afin d’éliminer une autre étiologie comme une tumeur, un AVC ou une encéphalopathie.

Quels sont les traitements de la névrite vestibulaire ?

La névrite vestibulaire disparaît spontanément en quelques jours (parfois semaines). Le traitement n’est réalisé que pour soulager les symptômes de la névrite vestibulaire.

Des tranquillisants sont administrés afin de calmer les vertiges et l’angoisse qu’ils procurent parfois. C’est le cas de la méclizine (un antihistaminique) ou le lorazépam (de la famille des benzodiazépine).

Les nausées et les vomissements peuvent être soulagés par l’administration de pilules ou de suppositoires contenant de la prochlorpérazine.

Des corticoïdes sont parfois prescrits à court terme. Si les vomissements durent longtemps, les patients peuvent avoir recours à des solutés hydro-électrolytiques par voie orale ou intraveineuse afin d’éviter toute déshydratation.

Attention, l'administration de ces médicaments doit rester temporaire étant donné que leur utilisation prolongée peut allonger la durée des symptômes, tout particulièrement chez les personnes âgées.

Même si les vertiges disparaissent rapidement et en l’espace de quelques jours, la sensation d’étourdissement peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Dans ce cas, les médecins encouragent les personnes à rester actives malgré tout. Une forme spécialisée de kinésithérapie, appelée rééducation vestibulaire, peut se révéler utile.

Dora Laty
Rédaction : Dora Laty
Journaliste santé
18 janvier 2022, à 15h14