Sténose du canal lombaire

Sténose du canal lombaire

La sténose du canal lombaire correspond à un rétrécissement du canal rachidien au niveau du bas du dos. Cette pathologie d'origine dégénérative provoque des lombalgies ainsi que des douleurs et des troubles des membres inférieurs en raison de la compression des racines nerveuses. Liée au vieillissement, elle apparaît le plus souvent chez les plus de 50 ans, mais des symptômes similaires peuvent affecter de jeunes adultes nés avec un canal lombaire étroit.

Qu'est-ce que la sténose du canal lombaire ?

Définition

La colonne vertébrale, ou rachis, est formée par 24 vertèbres trouées à l'arrière. Leur empilement forme le canal rachidien, par lequel chemine la moelle épinière.

La sténose du canal lombaire se définit comme un rétrécissement de cette cavité au niveau des vertèbres lombaires, situées entre la dernière vertèbre dorsale et le sacrum et numérotées de L1 à L5 de haut en bas. Dans le canal lombaire, la partie terminale de la moelle épinière se prolonge par la "queue de cheval", un faisceau de racines nerveuses. C'est à ce niveau que prend naissance l'innervation du bas du corps (nerfs sciatiques, cruraux, innervation du bassin et du périnée…).

Lorsque le canal lombaire devient trop étroit, les racines nerveuses et les petits vaisseaux sont comprimés, ce qui entraîne des douleurs et d'autres manifestations neurologiques.

Causes

Avec le vieillissement, la colonne vertébrale est le siège de processus dégénératifs.

L'arthrose est la principale cause du rétrécissement du  canal lombaire : l'usure des cartilages et l'affaissement des disques inter-vertébraux se traduit par la formation réactionnelle d'excroissances osseuses appelées "becs de perroquet" au niveau des articulations. On constate aussi l'épaississement des ligaments qui unissent les vertèbres et ferment le canal.

D'autres causes peuvent intervenir dans la sténose lombaire : des glissements vertébraux (spondylolisthésis dégénératif), des hernies discales, des fractures d'ostéoporose…

La sténose peut apparaître précocement chez les sujets qui ont hérité à la naissance d'un canal lombaire étroit "constitutionnel" (ou congénital). Initialement, elle est souvent localisée au niveau de l'articulation L4/L5, mais peut ensuite s'étendre à d'autres étages du canal lombaire.

 

Diagnostic

La radiographie permet d'explorer l'aspect global de la colonne vertébrale et de détecter des glissements de vertèbres.

Le diagnostic repose sur des examens d'imagerie qui visualisent des coupes transversales de la colonne vertébrale :

  • le scanner (tomodensitométrie) permet de visualiser l'os et les lésions d'arthrose. Il donne une image de la forme du canal lombaire, qui peut être réduit à une simple fente en cas de sténose importante ;
  • complémentaire, l'IRM permet d'étudier les structures nerveuses, les disques intervertébraux ou encore les ligaments.

Une saccoradiculographie (ou myéloscanner) peut être proposée lorsque les symptômes n'apparaissent qu'en position debout. Cet examen radiologique est le seul à pouvoir être pratiqué dans cette position. Il est réalisé après injection d'un produit de contraste dans le canal rachidien

L'électromyogramme permettra si nécessaire d'étudier l'activité électrique des nerfs.

Les personnes concernées

Chez les plus de 50 ans, la sténose du canal lombaire est la principale cause de lombalgie et d'inflammation des nerfs rachidiens (radiculite). Après 65 ans, on estime qu'environ une personne sur 1000 présente un canal lombaire étroit ou rétréci.

Facteurs de risque

Différentes pathologies telles que l'hyperparathyroïdie, la maladie de Paget ou la spondylarthrite ankylosante sont susceptibles d'accentuer le rétrécissement du canal lombaire.

Les symptômes de la sténose du canal lombaire

Les symptômes sont principalement liés à la compression des racines nerveuses, qui provoque leur irritation et leur inflammation.

Difficultés à la marche

L'apparition progressive de difficultés à la marche est caractéristique de la maladie. Au fil des années, les douleurs et les faiblesses dans la jambe apparaissent après un temps de marche de plus en plus court. Les  personnes se mettent alors à boiter (claudication neurogène intermittente) et sont forcées de s'arrêter ou de s'asseoir. Se pencher en avant peut permettre d'ouvrir le canal lombaire et d'améliorer les symptômes.

Douleurs radiculaires

L'irradiation des douleurs le long du trajet des nerfs dont les racines sont comprimées sont fréquentes. Ces douleurs peuvent être à type de sciatique (cheminant depuis la fesse et l'arrière de la cuisse jusqu'au mollet et au pied) ou de cruralgie (atteignant la partie avant de la cuisse et de la jambe).

Douleurs lombaires

Les douleurs lombaires sont souvent présentes.  Parfois très invalidantes, ces lombalgies ne sont pas spécifiques de la sténose canalaire mais résultent du processus dégénératif atteignant le rachis.

Autres symptômes

  • Troubles sensitifs : engourdissement, fourmillements, picotements dans les jambes…
  • Uniquement dans des formes sévères de la maladie : perte de sensibilité, faiblesse permanente ou paralysie des membres inférieurs.
  • De façon exceptionnelle, mauvais fonctionnement de la vessie ou du sphincter anal résultant d'une forte compression de la "queue de cheval".

Le traitement de la sténose du canal lombaire

Traitement médical

L'arsenal thérapeutique  vise à réduire les douleurs et surtout à préserver l'autonomie des patients en augmentant leur périmètre de marche. Le traitement s'appuie à la fois sur des médicaments (antalgiques, anti-inflammatoires), sur la rééducation et éventuellement sur la contention externe (port d'un corset lombaire). Il peut être efficace pendant des mois voire des années.

Des infiltrations de corticoïdes dans le  rachidiennes de corticoïdes peuvent être envisagées pour calmer temporairement de fortes douleurs inflammatoires. 

Traitement chirurgical

Environ 10 % des patients se verront proposer une intervention chirurgicale conventionnelle ou mini-invasive sur une ou plusieurs vertèbres au cours de l'évolution de la maladie. Cette intervention est envisagée lorsque les symptômes s'aggravent et que la gêne fonctionnelle et la douleur deviennent très invalidantes malgré le traitement médical. 

Différentes options sont possibles pour libérer les structures nerveuses. Le chirurgien pourra notamment choisir d'agrandir le canal lombaire en rognant sur les lésions osseuses d'arthrose ou sur le ligament épaissi.

Des interventions plus complexes sont parfois pratiquées. Une arthrodèse (opération consistant à "souder" entre elles plusieurs vertèbres)  peut notamment s'avérer nécessaire en cas d'instabilité ou de glissement des vertèbres. 

Rééducation

La rééducation joue un rôle clé dans le traitement de la sténose lombaire. Elle doit avoir pour objectif le renforcement des muscles qui stabilisent la colonne vertébrale et la reprise d'une certaine activité physique, indispensable au maintien de l'autonomie.

Les massages sont peu efficaces. Quant aux manipulations vertébrales, elles peuvent être dangereuses lorsque le rachis est fragile. Le kinésithérapeute centrera donc son intervention sur l'apprentissage de postures correctes et de mouvements qui permettent d'ouvrir le canal lombaire en basculant le bassin en avant pendant la marche.

La rééducation  à l'effort sur vélo est favorable car la position du dos favorise elle aussi l'ouverture du canal lombaire. Perdre du poids peut être utile.

Marielle Mayo
Rédaction : Marielle Mayo
Journaliste scientifique
Janvier 2019
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