Dépression : un lien possible avec le microbiote ?

Vérifié le 08/02/2022 par Céline Desrumaux, Rédactrice
Dépression : un lien possible avec le microbiote ?

Et si la dépression était scientifiquement liée à nos intestins ? De nombreuses théories supposent que le ventre est le « deuxième cerveau » de l’être humain. Des chercheurs viennent de mettre en évidence que la présence de deux bactéries dans les intestins aurait un lien possible avec la survenue de symptômes dépressifs.

Des troubles de l’humeur associés à des bactéries intestinales

Le ventre, les intestins et le système digestif regroupent des milliards de micro-organismes vivant ensemble et formant un véritable éco-système, c’est le microbiote intestinal. Les « bonnes » bactéries contribuent au maintien d’une bonne santé générale, alors que les « mauvaises » bactéries peuvent entraîner l’apparition de pathologies, telles que la maladie de Crohn ou d’autres pathologies intestinales, mais pas seulement. D’après une étude scientifique publiée dans la revue Science, deux bactéries pourraient potentiellement avoir une part de responsabilité dans l’apparition de la dépression : Morganella et Klebsiella. 

C’est en tout cas ce qu’ont révélé les travaux dirigés par Guillaume Méric, chercheur principal en génomique des systèmes. Lui et son équipe ont analysé des données concernant la santé et le mode de vie de centaines de Finlandais. Ils ont constaté que la hausse des niveaux de ces bactéries, en particulier Morganella, était liée à la dépression chez de nombreux patients souffrant de maladies chroniques. Déjà en 2008, une corrélation avait été établie entre cette bactérie et la dépression. En effet, il a été observé que les patients souffrant de dépression présentaient des réponses immunitaires plus importantes face aux substances chimiques sécrétées par Morganella. L’étude de Guillaume Méric ne vient pas encore prouver véritablement ce lien, mais c’est un élément qui peut venir renforcer cette hypothèse.

Une étude qui a ses limites

Il semble, pour le moment, très difficile d’affirmer que le retrait de cette bactérie permettrait de soigner la dépression. Effectivement, Gérald Clarke, un spécialiste du microbiome à l’University College Cork n’ayant pas participé à cette étude, évoque quelques limites. D’une part, la dépression et les troubles psychiatriques existent sous de nombreuses formes et peuvent être causés par une multitude d’autres facteurs. D’autre part, selon Gérald Clarke, le but ultime serait de parvenir à identifier la bactérie absente de l’organisme des personnes dépressives afin de les soigner en leur administrant le bon micro-organisme. En effet, extraire les bactéries potentiellement responsables de la dépression paraît être un défi beaucoup plus complexe.

Pour autant, la recherche scientifique pour mieux connaître la dépression, cet état qui touche 1 Français sur 5 au cours de sa vie, est essentiel pour trouver des traitements adaptés à chacun.

Céline Desrumaux
Rédaction : Céline Desrumaux
Rédactrice
08 février 2022, à 15h07